Pourquoi ce blog ?

Ce blog est fait pour partager un vécu qui sans être une exception, souhaite inciter tous ceux et toutes celles qui ont fait un chemin similaire à faire part de leur expérience. L'échange permet de tisser un réseau de solidarité et de soutien, mais surtout, permet à ceux qui souhaitent prendre le même chemin de mieux se préparer. C'est une source d'expertise gratuite et donc une forme de contribution au développement également.


Dans le cas présent, l'expérience est celle d'un Béninois soucieux de contribuer à la réduction de la fracture numérique nord-sud. Il a créé au Bénin une Organisation Non Gouvernementale(ONG) dans le but de former aux Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC), puis d'aider les personnes formées à trouver un emploi. Il s'agit donc d'entreprendre pour contribuer au développement. Une partie de ce qui a été fait se trouve ici sur le site de l'ONG


Vous avez de votre côté tenté une expérience dans le même domaine ou dans un domaine différent. Votre expérience est d'une grande importance et nécessite d'être connue. Succès ou échec, le plus important est d'avoir essayé. Le bilan de l'action quel qu'il soit mérite d'être connu. Faire le point, mettre en exergue les erreurs, les difficultés, les atouts, la joie d'avoir réussi ou la désillution des lendemains de passion, c'est le chemin que je vous invite à faire ensemble. Pour ma part, je retiens qu'un chemin a été fait, et que la volonté de continuer est forte. Alors rejoignez-nous et continuez à aider au développement de nos pays.

Qui suis-je (au départ)

Biologiste de formation initiale par une thèse de doctorat, je me reconvertis à l'informatique, d'abord en association, puis j'ai suivi des formations professionnelles et assumé des responsabilités en entreprises.
Après quelques années de vie en Europe, j'ai été pris par le sentiment d'une dette envers l'Afrique. Je me sentais de plus en plus mal à l'aise par le regard porté sur l'Afrique. Pas un jour (ou presque) que l'Afrique ne soit montrée à la télévision et toujours (ou presque) sous le même jour. Enfants sous-alimentés, élection de présidents issus de sufrages douteux, guerres fratricides sans fondements objectifs, tentatives mortelles d'exode vers l'Europe...etc. L'envie de faire quelque chose pour atténuer ces maux était de plus en plus pressante. Vivre en Europe est pour moi une fatalité heureuse. Que faire pour ceux qui ne le peuvent pas, à part donner un peu de soi.


Ce que je savais faire un peu était l'informatique et j'avais des idées.


L'idée retenue a été de créer une structure indépendante de type associatif. Ce fut une ONG (Organisation Non Gouvernementale) pompeusement baptisée ADINTAF (Appui au Développement pas l'Informatique et l'Internet en Afrique). La création de l'ONG a commencé en 2001 en France avec quatre ordinateurs d'occasion et trois copains désireux d'y participer.


J'achetai donc également une camionnette d'occasion et quelques machines jugées nécessaires pour la vie à commencer là-bas. Eh oui, tant d'années de vie en Europe laissent en nous des séquelles de confort. Un réfrigérateur, une gazinière, un congélateur et quelques autres ustenciles électriques. Je ne m'éterniserai pas sur leurs sorts, car tous ont été grillés au bout de pas longtemps par les coupures et remises intempestives de courant. L'électricité coûte cher et est mal servie. Nous en sommes encore là.


Une idée, une idée fixe : Utiliser l'informatique pour aider des gens à s'en sortir. Favoriser le partage d'expériences et de savoirs.....Et me voilà parti.

Conditions de travail

Parler des conditions de travail sous nos cieux de sous-développement est un euphémisme. Il vaudrait mieux parler des difficultés de travail, car il semble que l'on passe énormément de temps à résoudre les problèmes qu'à faire prospérer l'entreprise. Le point le plus important aujourd'hui est de fonctionner avec le plus d'autonomie possible vis à vis des grandes ressources telles que l'électricité et les télécommunications toutes deux, structures étatiques ou semi-étatiques. Je mentionnais que les appareils avec lesquels j'avais commencé cette aventure avaient été vite grillés. Il sera de même tout au long de mon séjour pour le matériel életrique acquis au fur et à mesure. Les causes sont :
  • Coupures et remises brutales de courant sans préavis sont fortement préjudiciables à toutes machines électriques. Pire, quand la remise va de pair avec un voltage surélevé (dépassant largement 220 volts).
  • Voltage fluctuant en fonctionnement "normal". En zone enclavée comme est situé le centre, il arrive de mesurer des voltages avoisinant 160 et 180 volts. On dit qu'il y a "baisse de tension". Impossible de faire fonctionner une photocopieuse et parfois pas une imprimante. Les ordinateurs qui restent allumés et fonctionnels accusent certainement le coup, ce qui pourrait expliquer des dysfonctionnements, et il faut souvent changer ou une carte réseau, ou un disque dur, si ce n'est pas la carte-mère. Il s'agit de dépenses courantes qui greffent fortement sur le bilan financier.

A l'instabilité de la ressource électrique s'ajoute souvent celle des télécommunications, notamment pour la connexion à Internet. Nous avions commencé à offrir internet en connexion partagée RTC fournie par l'opérateur national. Le débit descendant théorique annoncé était de 28 kbps. La volonté affichée du Ministère de la Promotion des NTIC avait été d'alléger la tarification de la connexion à internet à partir de 20 h. Celà comprenait qu'une connexion établie coutait le prix d'une communication téléphonique de trois minutes, tant qu'elle n'était pas coupée. En fait les déconnexions par le FAI national survenaient assez rapidement, et rendaient la navigation aléatoire. Chaque reconnexion supposant une nouvelle taxe. A ces déconnexions s'ajoutait une sorte de délestage des telecommunications, puisque tout le monde ne pouvait pas être connecté en même temps. Le FAI-national n'en avait pas les capacités technologiques. Je ne voudrais pas parler du débit reçu par ordinateur (il y en avait 8 qui se partageaient les 28 kbps théoriques).

L'arrivée de l'ADSL au Bénin il y a environ deux à trois ans semblait être la solution de sauvetage pour en finir avec la bas débit, les déconnexions intempestives et les internautes qui baillent devant l'ordinateur. C'est du moins ce que j'avais compris en misant pour la qualité, même à un coût beaucoup plus élevé. Les frais de première installation (modem + paramétrage) s'élèvèrent à un peu plus de 1.000 euros. Pour un couple de débit de 256 kbps en descente et 128 kbps en montée, l'abonnement mensuel était (et l'est encore aujourd'hui) d'un peu plus de 150 euros par mois. Il a fallu attendre six mois pour obtenir le dégroupage de la ligne téléphonique et son raccordement à l'ADSL. Il nous faudrait quand même comparer de temps en temps et sans complaisance pour avoir une mesure de l'écart à réduire quand on parle de fracture numérique Nord/Sud. Je rappelle qu'aujourd'hui en France, les offres d'ADSL pour jusqu'à 18 Mbps en descente (environ 18.000 kbps) tournent autour de 30 euros par mois selon les opérateurs.

Toutefois les premiers mois furent comme un rêve. Rapidité et fluidité de navigation (comparativement au RTC bien sûr), pas de déconnexions intempestives. Celà dura trois mois. Puis ce fut la fin du rêve. "La qualité de la ligne n'aurait pas tenu le coup". Courses entre l'opérateur Télécom et le FAI-ADSL chacun rejetant sur l'autre le fait que je ne puisse pas avoir la connexion. Celà dura six mois. Largement le temps aux internautes d'aller voir ailleurs, plus loin, mais ailleurs quand même. Le quartier était retourné dans son isolement du monde.
Voilà un aspect entre autres des "conditions de travail". Le reste c'est le quotidien, avec chaque jour, un problème à résoudre. Coupures de courant intempestives appelées délestages, sans préavis et remises du courant tout aussi intempestives et sans préavis, avec des tensions dépassant largement les 220 volts. Les conséquences sur des appareils électriques se passent de commentaires. Ordinateurs, modem, imprimante....etc, régulièrement grillés. Pas de recours possibles. On en a pour sa pomme et puis c'est tout.
Au total, les quatre voire cinq années d'expérience sur la réduction de la fracture numérique ont révélé des faits importants :
  • Le besoin réel des populations de communiquer avec le monde, pour preuve l'explosion du marché du GSM
  • Le besoin de formation à l'informatique et aux NTIC pour s'insérer dans le monde du travail
  • Le besoin grandissants en compétences informatiques avec l'informatisation croissante de tous les secteurs de production
  • Le besoin des populations de s'afficher sur Internet

Ces différents aspects justifient largement que nous continuions ce qui a été entrepris, malgré les handicaps inhérents au sous-développement. Mais celà suppose la prise en compte des conditions effectives existant en place. Travailler en conditions d'autonomie vis à vis des ressources électriques et de telecommunication revient cher, mais garantit que l'on se puisse se concentrer sur son projet. C'est notre souhait.

Réalisations

L'idée de départ semble peu importante aujourd'hui. Ce qui semble intéressant est ce qui a été fait, ainsi que les conditions dans lesquelles elles ont pu être faites.

Avec quatre ordinateurs au départ, j'avais commencé la formation à l'informatique. Trouver du personnel formateur sur place est possible, mais les conditions salariales posées étaient hors de portée de mes possibilités, d'autant plus que j'étais vu comme "un venu de France", donc riche. La difficulté a été contournée en recrutant des personnes désireuses de se former à l'informatique, de les former, et de leur inculquer les bases de formateur. Cette démarche a permis de mieux détecter les personnes susceptibles de continuer à travailler pour le centre. C'est une question de temps. Il en a été de même avec le personnel technique (maintenancier surtout et secrétaire). Financièrement, les seules formations à l'informatique ne suffisent pas pour pourvoir aux recettes nécessaires à la survie du centre, car si le désir d'être formé est grand, les moyens financiers ne suivent pas toujours. Différents services ont été rajoutés au fur et à mesure. Il s'agit de la création d'un espace d'accès à Internet par RTC (c'était la seule solution il y a encore deux ans, hormis les solutions très chères, d'accès par satellite), l'achat-vente de matériel informatique d'occasion, la diversification de services. Toutes ces tentatives ont pour but de satisfaire des besoins réels existant dans la zone enclavée où est situé le centre.
C'est dans ces conditions de travail que l'ONG a pu réaliser une partie de ses objectifs :

collèges informatiques
Initiation des collégiens à l'informatique

séance de formation professionnelle
Formation professionnelle et accompagnement à la recherche d'emploi de jeunes déscolarisés

émission d'éducation et de sensibilisation des adolescents
Sponsorisation de l'émission éducative des adolescents et Promotion de l'internet sur les ondes de Radio AdoFM

journées d'accès gratuits à internet

Collaboration à la promotion du Web africain (Projet ThinkQuestAfrica).Il s'agit d'un concours pour les meilleurs sites web à l'échelle africaine. Adintaf a participé à cet évènement par la formation d'une vingtaine de participants à la création de sites web.




  • Organisation d'évènements. Deux années de Secrétariat au Comité d'Organisation de la Fête Nationale de l'Internet au Bénin : Cofib).


    L'édition 2005 s'est déroulée dans le département des Collines sur trois villes (Dassa-Zoumè, Savalou et Glazoué). Elle a été une démonstration de la possibilité d'apporter l'internet en zones géographiquement "défavorisées", notamment par le relief. Je remercie personnellement pour leur contribution active à la réussite de l'évènement
    - les opérateurs telecom BorgouNet (Fournisseur d'Accès Internt), Benin-Telecoms SA (Opérateur National des Telecommunication) Sobiex (Fourniseur d'Accès Internet par satellite)
    - les institutions de promotion des NTIC (Campus Numérique Francophone et le Centre d'Education à Distance)
    - les Mairies de Dassa-Zoumè, Savalou et Glazoué pour les efforts de mobilisation, et d'aides à l'organisation
    - les organisations associatives de promotion des NTIC : laraignee, runnetwork, adintaf, le projet PAJE.


  • Mission de promotion des NTIC au Congo Démocratique auprès des recteurs et enseignants de l'Université de Kinshasa (UNIKIN), de l'Institut National de Pédagogie (INP) et de l'Université Catholique de Kinshasa (UCK), pour la sensibilisation à l'Enseignement Ouverte et A Distance (FOAD). Intérêt dans le cadre spécifique congolais. Cette mission a été effectuée en partenariat avec le Groupe A6 Mediaguide



Séance de travail avec les autorités de L'IPN


Visite du projet "Backbone" de l'UNIKIN


Visite à la station V-Sat de l'UCK


Photo-souvenir avec les autorités de l'IPN

Adintaf et Colombbus

Adintaf a besoin d'aide et d'appui pour continuer sa mission.
Nous vous faisons part ici de la mission d'évaluation faite par un responsable de l'association Française Colombbus parti au Bénin pour apprécier le chemin fait par Adintaf et envisager une aide éventuelle à la poursuite de ses activités.


"Adintaf ONG est une ONG de quartier installée a Godomey dans la banlieue de Cotonou dont l'objectif est de donner des formations en informatique informelle aux populations et de gérer un Cyber centre. Parallèlement à ces activités, l'ong fournit aussi du matériel informatique. Adintaf a contacté Colombbus à Paris afin de demander son soutien pour développer son activité au Benin. Colombbus a proposé à Adintaf d'aller voir les installations de l'ONG au Benin et de discuter avec les personnes ressources en charge de gérer les activités sur place. Le centre d'Adintaf au Benin fonctionne en permanence avec 2 personnes. Une personne chargée de gérer l'activité du cyber et ayant de bonnes compétences pour aider les cybernautes à naviguer et une personne est chargée de donner les formations dans le centre.
........Le centre ne désemplit pas pendant les vacances scolaires. Les élèves viennent se former moyennant 10000 FCFA (15 euros, NDLR) les 40 H de formation. Des jeunes filles déscolarisées viennent également se former chez Adintaf, certaines parmi elles parviennent à trouver du travail en secrétariat grâce à la formation qu'elles ont reçue à l'ONG. Les modules de formation donnés par Adintaf sont, la Bureautique, les Logiciels Educatifs de math et de culture, Utilisation d'internet, Gestion d'une boîte mail et Recherche sur internet. Sur ce modèle, l'ONG a formé environ 385 personnes après une évaluation rapide pendant les vacances uniquement.


...........avec l'arrivée de l'ADSL au Benin, Adintaf a voulu augmenter le débit de son centre. Mais la technologie mal maîtrisée par les fournisseurs de service a complètement détruit les activités cyber du centre.
Le modèle de recrutement de l'association semble être de faire faire un stage aux postulants avant de les embaucher dans un deuxième temps. Tous les profils que nous avons rencontrés ont suivi cet itinéraire. La visite de Colombbus chez Adintaf a permis de discuter avec des générations d'employés (3 générations) de l'association qui ont finalement développé leur propre affaire ou travaillent maintenant dans le secteur pour d'autres structures. En exemple un des formateurs du centre qui a débuté chez ADINTAF en tant que stagiaire travaille aujourd'hui en tant que revendeur de matériels informatiques à son propre compte a Cotonou...............................


Les fonctionnaires habitants dans la zone avaient recours au centre pour leur activité internet. Si ce centre disparaît, les populations seront obligées de se rendre à Cotonou ou à Calavi pour se connecter à Internet. Le projet Adintaf répond donc a un besoin..........................


La visite de Colombbus au centre Adintaf a permis de remarquer que le matériel utilisé était d'un autre âge. Il y cohabitent dans le centre des PI et PII avec du windows 98 installés. Un essai d'utilisation du cyber nous a permis de remarquer qu'il était très difficile d'obtenir le contenu des sites web interrogés. Est-ce les PC qui sont en cause ou le réseau ADSL? Adintaf souhaite avoir une collaboration avec Colombbus afin de faire revivre son activité. ......................."

Soutenez notre action

Adintaf a pendant presque cinq ans formé des personnes descolarisées (des femmes notamment) et les a aidées à s'insérer dans le monde du travail. Elle a aussi contribué à l'ouverture sur le monde de centaines d'élèves et étudiants formés à l'internet. Son cyber est le lieu de rencontre et d'échange entre ces personnes et donc un lieu de socialisation dans le quartier.


Adintaf a pendant son parcours connu des organisations et associations qui lui ont fait part de leurs soucis et espérer une aide de sa part. Adintaf a dans les limites de ses moyens contribué à cette aide sur le plan de la formation de leur personnel et pour la fourniture de matériel informatique. Adintaf a été contactée par des orgnisations du Bénin, mais également du Burkina Faso, du Cameroun et de Mauritanie. Adintaf n'a pas toujours pu être à la hauteur des espérances des ces organisations.
Le bilan des réalisations permet de considérer qu'il faille continuer et aller plus loin.


Nos besoins se résument en matériel informatique (ordinateurs et périphériques), et en aide financière pour leur acheminement en Afrique.
Votre aide contribuera à :
Fixer les populations par la formation et le travail
Aider les organisations et associations africaines qui comme Adintaf luttent pour la dignité de l'être humain.